• en cours...

    Elle était là, plantée dans le sol infertile, lui-même frappé par les talons des petites notables de la ville. Encore toute marquée par les brûlures de l'été, elle ne cessait d'observer sans mot dire ces corps qui s'agitaient vainement

     

     

                                            [...]

     

    Malheureusement, tu gardais des œillères, tu demeurais dans l'étonnement candide qui induit une curiosité bien naturelle. Sa bouche toujours celée face à tant d'inconnu, elle écoutait, elle scrutait ces animaux étranges

     

     

                                          [...]

     

     

    Elle prenait grand soin de ses cheveux, non par coquetterie mais pour pallier le bruit et les regards lorsqu'elle vaquait à ses lectures au fond de la classe. La quotidienneté lycéenne lui laissait tout le temps nécessaire afin de construire un univers peu perméable aux maux extérieurs, du moins, c'est ce qu'elle croyait. Elle ne connaissait en effet que partiellement le monde qui l'entourait, ses codes lui étaient encore étrangers et, étant toujours lovée dans des images floues, héritage de l'enfance, elle n'en soupçonnait même pas l'existence. Le silence fut sa première école, confinée dans l'observation elle avait l'impression de flotter au dessus des scènes qu'elle s'efforçait de comprendre sans y appartenir, la distance prise ne faisait que solidifier davantage les remparts de sa petite personne. Sa chambre était une forteresse tangible, toujours fermée et emplie de musique, elle pouvait y rester des heures durant lesquelles elle dessinait, écrivait, lisait et rêvait plus qu'elle ne vivait sa propre existence. La solitude régnait en maître dans sa caboche alors que la surface trahissait son profond besoin de contempler des visages autres afin de ne plus être sans cesse confrontée à elle même, de pouvoir s'oublier un moment. D'ailleurs, l'oubli était parfois tel, que ses envies, ses désirs, ses agissements ne s'orientaient plus que vers les personnes qu'elle semblait aimer, elle acceptait tous les services demandés, elle s'effaçait activement dans cette dévotion irraisonnée. Aucun ennemi et donc aucun véritable ami, sans doute. Il y avait pourtant un être qui lui était cher, qui faisait comme partie de sa famille, son affection allait au delà dans la mesure où elle ne s'imposait pas comme celle maternelle ou fraternelle que l'on éprouve malgré soi puis plus modérément en grandissant. Le temps n'avait pas terni cet amour comme celui que l'on porte aux parents, il n'était que plus beau et fort à mesure que les années passaient. Cette amie est toujours là, et les notions de temps et d'espace sont impuissantes au regard de l'omnipotence des sentiments partagés qui suspendent les lois dictées par les contingences matérielles.

     

     

                                                            [...]

     

    il déchira un morceau de papier d'un vieux cahier, écrivit rapidement et lui déposa dans les mains,

     

     

                                                        [...]

     

     

     

     

     


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